Bierne : Christophe Dubois, l’ouvrier devenu patron

PUBLIÉ LE 11/05/2017

Sauver les emplois et développer l’activité : pari réussi ! Eras Équipements a fait confiance à l’un de ses salariés, aujourd’hui à la tête de l’entreprise Inareg.

L’histoire est belle et exemplaire. Christophe Dubois a intégré le groupe Eras Ingénierie, bureau d’études tous corps d’état, en tant qu’électricien en 1989. Aujourd’hui, à tout juste 50 ans, il est chef d’entreprise. Il vient de racheter la filiale Eras Équipements. Devenue indépendante, elle a pris le nom d’Inareg, évoquant ses activités phares : l’instrumentation, l’analyse et la régulation.

À l’origine, l’agence de Dunkerque était la seule à disposer d’une partie montage, une activité qui a fini par se retrouver en difficulté, tandis qu’Eras souhaitait se recentrer sur l’ingénierie, son coeur de métier. « Il y avait une vingtaine de personnes au montage. Les licencier ? Pas le genre de maison », commente Yves Poivey, président du groupe Eras Ingénierie. Il crée donc la filiale Eras Équipements. Après deux tentatives infructueuses pour céder l’activité, Yves Poivey propose en 2012 à Christophe Dubois, à l’époque conducteur de travaux et responsable sécurité, de la reprendre. « Et j’ai dit oui », déclare celui qui a enchaîné sans broncher les semaines de 80 heures ainsi que le pilotage de l’affaire du fond de son lit pendant trois mois, suite à une rupture du tendon d’Achille !

Une petite équipe réactive

Il ignorait tout de la gestion comptable et administrative, du management. Mais Eras Ingénierie l’a accompagné et, afin de l’épauler au mieux, Yves Poivey a rappelé Gérard Hof, ancien directeur de l’agence dunkerquoise. Ce retraité bien occupé avait contribué à la mise en place de l’activité de montage et avait engagé Christophe Dubois. Et lui aussi a dit oui, acceptant de venir passer deux jours et demi par semaine pour former le nouveau patron. Le tandem s’est mis en route… Eras possédait 80 % de la société, Gérard Hof et Christophe Dubois 10 % chacun. Le vendredi 28 avril, ce dernier s’est porté acquéreur de la totalité du capital. L’entreprise a démarré avec huit salariés. Ils sont aujourd’hui 17. Une petite équipe, réactive, travaillant pour Rio Tinto, Ascometal, Air liquide, Polimeri, Arc International… En 2016, son chiffre d’affaires avoisinait les 2 millions d’euros.

Quel oeil jettent les collègues sur le parcours du patron ?

« Nos relations sont excellentes, car je viens de la base et je connais tous les postes. C’est une force pour reprendre. Je sais ce que je peux demander à mes salariés. Je gère la société comme une petite famille et personne n’est parti depuis quatre ans. »